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AURELIA AURITA, tu connais ? Alors toi-même tu sais. Si tu ne la connais pas, je ne te donne pas plus de 10 minutes avant de tomber sous le charme de cette jeune dessinatrice (27 ans) auteur du très délicatement nommé ANGORA en 2003 et de FRAISE ET CHOCOLAT en 2006, adorable album racontant sa rencontre et sa relation passionnelle avec le dessinateur français exilé au japon Frédéric Boilet. Même principe que pour l'interview d'IVAN BRUN, je poste ici l'intégralité de l'entretien réalisé avec Chenda (toi aussi t'as cru qu'Aurélia Aurita c'était son vrai nom ? On est naïfs, hein ?), entretien réalisé pour les besoins d'un article que je prévois d'écrire pour les pages culturelles du quotidien suisse LE COURRIER. Feu !
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Vous êtes en France depuis quand et pour encore combien de temps ?Aurélia Aurita : Je suis en France depuis quelques semaines, mais je suis sur le point de partir en Bolivie avec Frédéric (Boilet, ndlr) pour un festival BD. Votre éditeur me disait que vous étiez venue passer quelques semaines en France afin de terminer le 2e tome de FRAISE ET CHOCOLAT. Je m'étais imaginé une sorte de retraite monastique.Oui c'est un peu ça, je suis au calme, à la campagne. Il y a des petits oiseaux, un coq, des lapins...Qu'est-ce qu'est exactement que ce festival bolivien où vous êtes invités ?Le festival existe depuis 5 ans, il se déroule à La Paz. L'expo Nouvelle Manga, qui tourne dans le monde depuis son lancement au Japon fin 2005, y sera présentée. Il semble qu'on nous attende aussi à l'Alliance Française de Cochabamba... C'est quelque chose de plutôt informel, je ne sais pas trop ce que ça va donner. On a été un peu prévenus à la dernière minute. Fredéric est allé une fois au Brésil, mais personnellement je ne suis jamais allée en Amérique du Sud. Bref, on verra bien ce qui nous attend !Le saut vers le grand inconnu alors !Pour revenir au premier volume de FRAISE ET CHOCOLAT, combien de temps avez-vous travaillé dessus à partir du moment où vous avez commencé à dessiner ?Pour le dessin, ça m'a pris un peu moins d'un an. J'ai dû commencer en avril 2005 et j'ai terminé en février 2006. Pour le scénario, j'avais commencé à y réfléchir en décembre 2004.Vous l'avez dessiné pour l'éditeur chez qui il est finalement sorti, ou bien est-ce que vous avez créé cet album sans vous en soucier ?Au départ, c'était juste entre Frédéric et moi. En 2004, un peu avant Noël, j'étais en France, lui au Japon, et je lui ai envoyé par courriel les esquisses des quarante premières pages. Elles lui ont beaucoup plu (c'était le but recherché...) et c'est lui qui m'a encouragée à continuer, à en faire un livre. Ensuite, nous avons cherché l'éditeur ensemble.Quels sont vos premiers kiffs-BD étant enfant ? Vous étiez plutôt branchée BD franco-belge, comix US ?Quand j'étais enfant je lisais ce que j'avais sous la main. Mon premier album c'était La soupe aux Schtroumpfs, donc de la BD franco-belge. Quand j'ai eu fini de lire tous les Schtroumpfs, j'ai lu tous les Astérix, et en même temps Le Journal de Mickey et Picsou Magazine, mon premier pas dans l'univers du comix américain. Après, il y a eu l'explosion des dessins animés japonais sur La Cinq au milieu des années 80. On peut donc dire que j'ai grandi sous ces trois influences...Qu'est-ce que vous répondez aux gens qui vous disent que l'autofiction est un genre réservé aux gens qui n'ont pas d'imagination ? J'avoue qu'on ne m'a jamais posé la question directement. Je ne vois pas les choses de cette manière, les plus grands auteurs de fiction s'inspirent de choses qu'ils ont vues, entendues, voire vécues. Je ne crois pas à l'imagination pure, aux idées qu'on sort du chapeau. Quant à l'autobiographie, c'est d'abord une mise en scène du "réel", et là où il y a mise en scène, il y a fiction, et donc "imagination".L'autofiction est quand même un pari très risqué d'un point de vue artistique, l'auteur est toujours sur la corde raide, les possibilités de tomber dans l'ennui, le vide, l'inintéressant sont nombreuses quand on traite du banal, du quotidien.Ça me rappelle cette citation de Flaubert : "Il faut peindre bien le médiocre". En effet, c'est à l'artiste de rendre l'ordinaire extraordinaire. Mais je ne comprends pas très bien la notion de "risque" dans tout ça? Je pensais à cette incapacité d'apporter ce nécessaire surplus de poésie dans cette "mise en fiction" du quotidien, de ne pas parvenir à donner de forme au banal.C'est vrai qu'il existe des autobiographies très ennuyeuses, mais il y a également des auteurs de récits d'aventures qui n'arrivent pas à donner forme à leurs histoires rocambolesques. C'est une question qui se pose pour tous. Chaque histoire est un pari, un risque à prendre, sachant que certains sujets sont peut-être plus difficiles à traiter que d'autres. Avant de commencer à travailler dans une direction autobiographique, est-ce que vous aviez préalablement réfléchi à votre approche, ou bien est-ce que vous avez avancé à l'instinct ?Ça s'est fait petit à petit. Quand j'avais 13-14 ans, je lisais des magazines d'humour comme Fluide Glacial et des mangas style Dragonball. J'ai donc dessiné mes toutes premières histoires dans ce genre hybride et improbable : de l'humour Fluide Glacial servi par un dessin manga...A 15 ans, j'ai découvert en kiosque la revue Bananas, avec des histoires courtes de Crumb, Baudoin, Neaud... Ca a été un choc pour moi: ces histoires du quotidien et de l'intime, je les ai tout de suite aimées. Mais j'étais loin de m'imaginer qu'un jour, moi aussi, je raconterais la mienne. Il m'a fallu encore 10 ans pour oser franchir le pas. J'ai commencé en dessinant une héroïne à tête ronde, qui n'avait pas de nom et qui changeait de rôle à chaque histoire, comme une actrice. Et puis il y a eu Angora, je ne sais pas si vous l'avez lu...Oui, oui, j'allais justement vous en parler, c'est un album qui tâtonne entre fiction et autofiction. Il est à la fois très structuré, en même temps il semble construit sur des situations vécues. Impossible pour le lecteur de ne pas ressentir une grosse proximité avec l'auteur.La plupart des saynètes ont été vécues soit par moi, soit par des amis, d'où cette impression sans doute... De toutes façons, on ne parle bien que de ce qu'on connaît... (La suite ICI)
J'en connais un qui s'amuse comme un petit fou avec sa nouvelle machine à sérigraphier semi-automatique. Apparement, une avalanche de posters sérigraphiés est à prévoir bientôt...
  (c) pics by Brazo Negro
Ce n'est pas un secret, chez BLACK CAT BONES on aime pas l'autofiction, les egotrips, les auteurs qui n'ont rien d'autre à raconter que leur vie, les dessinateurs qui ne voient pas plus loin que leurs nombrils. On en a autant au service des skybloggers qui étalent leur insipide no-life à longueur de pixels, des écrivains convaincus qu'il est possible de transformer ses "petites expériences personnelles" en grande littérature. L'époque est au culte de l'individu, de l'égo-roi, du citoyen-melon. Les médias et la publicité brosse tellement les gens dans ce sens que je n'en allume même plus ma télé afin ne plus être pris de nausée.
Vous êtes différents. Vous faites la différence. Vous êtes si spécial. Triste démagogie marchande.
Quelle que soit leur discipline, les artistes (devrais-je dire : SURTOUT les artistes) n'ont pas échappés à ce phénomène. Cependant, au milieu de ce vulgaire déballage de "je-moi", quelques virtuoses parviennent de temps à autre à élaborer des choses inédites via ce périlleux parti-pris. Récemment, plusieurs "pièces" m'ont particulièrement marqué : * L'inénarrable film de Jonathan Caouette "TARNATION" * La BD "POURQUOI J'AI TUE PIERRE" d'Alfred et Olivier ka * Le film de Jean-Claude Brisseau "LES ANGES EXTERMINATEURS" * Mais surtout le "FRAISE ET CHOCOLAT" d'Aurélia Aurita (Les Impressions Nouvelles, 2006)
Bien que déjà très amateur de son 1er album (Angora), c'est la lecture de ce FRAISE ET CHOCOLAT qui m'a décidé d'écrire un article sur Aurélia pour LE COURRIER, qui m'a donné l'envie d'en savoir plus sur elle, sur sa façon de créer, sur l'état d'esprit dans lequel elle a produit ce déroutant et exhibitionniste album. Et l'état d'esprit dans lequel elle est actuellement en train de produire la suite.Le rendez-vous est pris pour cette fin de semaine. Très bientôt en interview dans ces pages, donc !
Notre ami Argentin le DOCTOR ALDERETE est actuellement exposé à Troyes. LES CANICHES MODERNES proposent grosso-modo l'expo que nous avions présentés en octobre dernier au public Lyonnais à Viva Dolor (c'est dire si elle est bien !)
Elle ne reste aux murs des Caniches que jusqu'à mi-avril, donc si vous êtes dans l'est de la France (en plus y'a le TGV dans l'est maintenant, non ? Vous n'avez plus d'excuses, ahah), dépêchez-vous de vous dépêcher. Deprisa, deprisa, pinche cabrones !
Ci-dessus, la très belle affiche sérigraphiée que l'atelier TTDMRT a tiré pour l'occasion... Vraiment magnifique, je me commande la mienne sur le champs (attention, tirage relativement limité). Love you, Jorge.
On le sait, depuis quelques années en France, le concept de "liberté d'expression" s'est petit à petit s'est transformé en "liberté de faire attention à ce que l'on dit sous peine d'être poursuivi pour diffamation si vos idées ne rentrent pas dans les cases de la pensée unique en vigueur".
Des militants d'extrême gauche aux penseurs néo-conservateurs, quiconque exprimant désormais une idée "qui dépasse" ne semble plus pouvoir échapper à des tentatives multiformes d'intimidation. Faites le compte des "affaires" de ce genre sur ces deux/trois dernières années, c'est édifiant : le procès Charlie Hebdo dit "des caricatures", l'affaire Finkielkraut, la fatwa envers le professeur Redeker, le lynchage médiatique de Dantec, les tentatives de réduire médiatiquement à néant Guy Millière (qui a d'ailleurs écrit un très beau texte à ce propos : ici), etc, etc. Plus récemment, plus proche de nous, c'est le dessinateur PLACID, l'auteur Clément Schouler et l'éditeur Michel Sitbon qui ont étés condamnés à verser respectivement 800, 800 et 1000 euros d'amende pour avoir participés à l'élaboration du livre "Vos papiers ! Que faire face à la police ?" (L'Esprit Frappeur, 2001) représentant sur la couverture un policier avec une tête de cochon, et contenant quelques textes jugés tendancieux ("Les contrôles d'identité au faciès, bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante, mais se multiplient", notamment).
En réaction, un projet plus qu'intéressant s'est mis il y a quelques jours (et en quelques jours) en place dans le milieu de l'édition indé :
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Considérant qu'il s'agit d'une triple atteinte à trois libertés fondamentales que sont la liberté de création, la liberté d'information et la liberté d'édition, nous invitons ici tous les dessinateurs, photographes, artistes, journalistes, auteurs et éditeurs à travailler sur les thèmes développés par l'accusation : policier caricaturés et animalisés, pratique du contrôle au faciès.Ces textes et dessins en NOIR et BLANC seront publiés dans un livre qui devrait rendre chacun de nous prévenu du délit de diffamation pour qui évoque la banale réalité des contrôles au faciès, ou prévenu du délit d'injure pour qui dessine un policier trop stylisé.Ce livre sera publié par un collectif d'éditeurs, qui devraient donc eux aussi être prévenus de complicité pour ces deux délits, injure et diffamation.Ont déjà accepté :* L'Association* Cornélius* Vertige graphic* L'Esprit frappeur (NSP Agora)* Les Requins Marteaux* Thé-Roc « Tête Rock Underground »* Editions NautilusLa liste n'est pas close. Plus d'éditeurs se joindront à l'opération, plus ce geste aura de portée. Estimant que le débat sur ces trois libertés fondamentales : création, information, édition, doit s'inscrire dans la campagne électorale en cours, nous voulons le provoquer avec cette publication, qui doit donc être réalisée et imprimée en un temps record.NOUS ATTENDONS DONC VOTRE COLLABORATION EN NOIR ET BLANC DE TOUTE URGENCE.DEADLINE / DATE LIMITE : VENDREDI 23 MARS.
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Puisque je poste ce message le samedi 24 mars, il est donc trop tard si vous souhaitiez réagir (j'ai des circonstances atténuantes, j'ai reçu le message très tardivement). Cependant, un BLOG a été ouvert pour mettre à disposition du public les divers dessins et images "de soutien" reçus (certains seront dans le livre, d'autres non). Globalement, je suis très mitigé vis à vis de la qualité (esthétique et idéologique) générale des contributions, néanmoins, la mobilisation générale et l'énergie positive et créatrice que dégage ce projet est plus que... providentielle au coeur de cette campagne présidentielle moribonde.
Depuis quelques jours, c'est le Printemps du Cinéma.
Mais si, vous savez, cette opération marketing qui s'est donné pour mission de réconcilier le sacro-saint "public" avec le "7ème art" en lui offrant des places discount tout en feignant d'oublier que si les gens ne fréquentent plus les salles obscures ce n'est pas parce qu'ils n'aiment plus ça, mais plus parce que 90% de la production est devenue intégralement à chier debout.
En passant devant le cinéma Pathé de ma ville tout à l'heure, je me suis arrêté regarder 5 minutes les films à l'affiche. Sans savoir trop pourquoi, quelque chose me semblait plutôt inhabituel dans la programmation. Et puis d'un coup ça m'a sauté aux yeux : 7 films sur 10 à l'affiche étaient des films français ! Comme l'an passé, à la même période ! Intéressant, non ? Alors messieurs les distributeurs, pourriez-vous nous expliquer pourquoi cette avalanche de films français à cette période précise de l'année ? Les films français sont-ils devenus si merdiques à tel point qu'on ne les sort plus que le jour des soldes ? Le cinéma français serais t-il devenu celui qu'on veux bien regarder pour 3,50 euros, mais pas pour 8/9 euros ? Sans déconner ? Quoi ? Un film chorale avec Jean Dujardin, Kad Merad, Guillaume Canet, Agnes Jaoui et les cinq autres acteurs Français qui squattent les 3/4 de tout les films français à l'affiche depuis cinq ans, ça ne vous dit pas ?
C'est comme ça que vous défendez l'Exception Culturelle ?
Les groupes de punk-rock français chantant dans leur langue natale sans sombrer dans le ridicule, ou sans sonner "alterno de bas étage", ne sont pas légion (c'est rien de le dire). PÉRIPHÉRIQUE EST font partie de ces heureux élus. Leur secrêt ? Un punk-rock énergique, diablement inspiré, très ancienne école dans l'approche comme dans le son, un lead-singer remonté et auteur de textes très bien vus, justes, concis, sagaces et subtils. Bref, le genre de groupe qu'on aimerait entendre tellement, tellement plus souvent.
Pour le moment, ce groupe de Lille n'a sorti qu'une démo 16 titres pressée en LP en 2005 (seulement 300 exemplaires, donc sold out depuis un bail). Devant l'impossibilité de trouver ce disque, j'ai demandé à l'ami Rémi (qui a depuis peu le matos approprié) de me ripper ce disque afin de mettre fin à ma frustration.
Si vous souffrez du même mal que moi, ou si vous êtes du genre curieux, cliquez ICI.
Sur nos platines en mars...* EYEHATEGOD - discography (century media)* HELMET - monochrome (warcon)* SUNN O)) & BORIS - altar (southern lord)* THE COVEN - witchcraft destroys minds and reaps souls (lp)* GONZALES - solo piano (emarcy)* THE CURE - discography (divers)* SPACEMEN 3 - perfect prescription (taang)* TRÄD, GRÄS OCH STENAR - eponyme (silence rec)* COMETS ON FIRE - avatar (sub pop)* TORCHE - self titled (robotic empire) Livres de chevet* PRIMO LEVI si c'est un homme (albin michel) * PHILIP K. DICK siva (présence du futur) * AURELIA AURITA fraise & chocolat (les impression nouvelles) * SAINT AUGUSTIN les confessions (gallimard) * GIORGIO AGAMBEN ce qui reste d'auschwitz (rivages) * BERNAL DIAZ DEL CASTILLO histoire de la conquête de la nouvelle espagne (ed. la découverte)Eyes foodBATTLESTAR GALACTICA saison 3 (still best serie ever) * LES ANGES EXTERMINATEURS (jean-claude brisseau) * JADE (william friedkin) * L'ENFER DU DEVOIR (william friedkin) * EBOLA SYNDROME (herman yau) * ROME (saison 1)
Après l'interview, voici l'article sur IVAN BRUN paru dans LE COURRIER du samedi 10 mars. (Si vous ne possédez pas de puissantes lunettes, cliquez sur l'image pour lire l'article)
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